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Les quatre catégories

On peut classer les héroïnes Disney dans quatre catégories différentes afin de mieux comprendre ce qui les différencient.

   

   Les femmes n'ont pas toujours eu la place qu'elles occupent actuellement dans la société occidentale. Chaque droit qui lui a été accordé cache un combat. En France notamment, le débat commence véritablement en 1622 avec Marie de Gournay*, pour elle « La femme n'est pas inférieur à l'homme du fait de sa nature mais de part son éducation. » Des Lumières à aujourd'hui le chemin aura été long. Le XXème siècle marquera une grande avancée pour les femmes françaises qui accèdent au congé maternité (1909), au droit de vote (1944), au droit à la contraception (1967) et à l'avortement (1975). On peut également noter qu'en 1938, la femme ne doit plus obéissance à son mari. Enfin de nos jours, les femmes et les hommes occidentaux sont donc égaux devant la loi, mais certains préjugés restent dans les esprits et les mentalités sont loin d'être changées. 
Dans les dessins animés Walt Disney, ces idées reçues sur les femmes sont mises en scène. L'évolution de la place de la femme dans la société et des mentalités est visible à travers les changements opérés chez les héroïnes elles-même. Elles sont passées de la femme soumise comme Blanche Neige (1937) à la femme combattante, Mulan (1998)    

 

Tradition et stéréotypes 1937-1960 Héroïnes libres  1980-2000 Femmes indépendantes 1960-1990 Le renouveau des princesses -2010

Blanche-neige 1937

Cendrillon 1950

Aurore 1959

Ariel 1989

Belle 1991

Pocahontas 1995

Mulan 1998 *

 

Cruella 1961

Ursula 1989

Tiana 2010

Raiponce 2011


 

 

 

 

 

 

 

 

*On peut également compter le dessin-animé des Aristochats

 

 

Traditions et stéréotypes :

         

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    Entre 1937 et les années 60, les héroïnes Disney sont des jeunes filles gracieuses, innocentes, romantiques et très naïves qui incarnent parfaitement le cliché américain parfait et ont toutes un rôle de femme au foyer. Celles-ci n'aspirent qu'à un seul et unique rêve : l'attente du « Prince charmant ». Toutes ses héroïnes finiront par être délivrées de leur mal par le prince, autrement dit, grâce à l'homme. Cendrillon échappe à sa vie misérable, Blanche Neige réalise son rêve en se mariant et la Belle au Bois Dormant est délivrée de son maléfice. Leurs histoires illustrent la dépendance qu'ont les femmes vis à vis de leurs maris mais aussi l'emprise et le contrôle que ceux-ci exercent sur la vie de ces femmes qui ne connaissent pas l'indépendance de leur époque. En effet, elles sont ballottées d'autorités en autorités, elles passent de la tutelle de leurs parents à celle de leur mari, sans à aucun moment, être indépendante.
Ces héroïnes véhiculent également une image de la femme docile. En effet, Cendrillon s'occupe constamment des taches ménagères ordonnées par sa belle-mère et ses demi-soeurs. Blanche Neige dans sa fuite, est quant à elle recueillie par les sept nains qui l'accueillent en échange de ses services ménagers tandis qu'ils partent travailler à la mine. Les hommes au travail, les femmes à la maison, les rôles sont d'emblée attribués et la femme occupe celui au bas de l'échelle. Elle est soumise à la volonté des hommes. Elle se doit d'exécuter les corvées et d'élever les enfants. Loin de s'apitoyer sur son sort, Blanche-neige voit en son labeur un certain bonheur et arrive à y tirer du plaisir : En exemple, la scène ou elle fait le ménage en arrivant chez les nains. (Vidéo visible dans l'analyse filmique de Blanche-neige). Cendrillon, quant à elle, fait rigoureusement chaque tache qui lui ai confié mais elle se plaint et aspire à autre chose.

 

Héroïnes libres :

 

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   Mais l'avancée est en marche, en particulier du côté des femmes. Alors que les françaises obtiennent le droit de vote en 1944, la représentation de Disney d'une femme incapable de penser par elle même se fait, au fil des années, de plus en plus dépassée. Héritières des Suffragettes qui luttèrent au début du XXème siècle pour le droit de vote féminin aux États-Unis, les américaines militent dès les années 60 au sein du Women's Mouvement of Liberation. Suivies par le mouvement français et britannique en 1970, les femmes haussent la voix et revendiquent l'égalité des sexes, le droit à la contraception et à l'avortement mais et luttent contre les préjugés misogynes.

Grâce aux médias, ce mouvement devient vite phénomène de mode. Les femmes-enfants de Disney se transforment peu à peu en vériatble femmes, elles se montrent, s'instruissent et se rebellent. Sorti en 1970, Les Aristochats mettent en scène une mère célibataire qui élève ses trois enfants et rencontre un nouvel homme. On peut y voir une certaine influence de l'affranchissement de la sexualité : la femme se libère et se débrouille désormais sans aucune influence masculine.

Il faut pourtant attendre la fin du XXème siècle pour assister à la rébellion des héroïnes Disney. Cette rébellion passe par la désobéissance envers l'image masculine, dans les films, représenté par le père. Ariel, La Petite Sirène (1989), transgresse toutes les règles instaurées par son père pour rejoindre la Terre. De plus, elle arbore une tenue légère laissant découvrir son ventre et sa poitrine. C'est la première fois dans une production Disney qu'une femme se "dénude" à ce point. Un peu plus tard en 1995, Pocahontas livre au spectateur une image de femme libre et indépendante. Elle désobéit également à son père, tombe amoureuse d'un colon britannique et tente de préserver la paix entre leurs deux peuples, non sans difficultées.
Le personnage de Mulan est également très important dans l'avancer de l'image de la femme, c'est la première à prendre une réelle décision contre l'avis de son père et à l'assumer jusqu'au bout. 

 

Femmes indépendantes :

 

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   Pourtant, cette rébellion reste motivée par l'homme. En effet, Ariel abandonne la mer pour un homme. Pocahontas subit, tout au long du film, la loi du père qui veut lui imposer un mariage en refusant l'amour qu'elle porte au colon John Smith. Elle préfèrera ensuite rester auprès des siens tandis que l'homme qu'elle aime retourne en Angleterre : elle est condamnée à rester ancrée dans sa famille.. Malgré son image indépendante, elle symbolise la liberté certes, mais canalisée par l'homme ce qui suggère que la femme ne pourra jamais être pleinement libre.

L'image de « femme active » est parfois  mise à mal dans les représentations Disney. En 1963, l'Equal Pay Act, la loi sur l'égalité des salaires est votée aux États-Unis. Néanmoins, deux ans avant, Cruella (Les 101 dalamatiens) incarne une impitoyable chef d'entreprise fumeuse et égoïste. Le personnage symbolise la femme qui a des vices (ici, la cigarette et la luxure), en d'autres termes les vices d'une femme qui se comporte comme un homme.
Mais une image négative est présente, la femme ne peut concilier carrière et famille. En effet, Cruella qui à peut être tout se dont elle désir, n'a aucune vie sociale. Même schéma en 1989 dans La Petite Sirène : Ursula est une femme bannie du royaume des mers pour avoir tenté de s'emparer du pouvoir, détenu par un homme (ndlr le père d'Ariel). On peut donc ce demander si une femme ne peut pas accéder aux pouvoirs jusqu'à lors réservé aux hommes.

 

Le renouveau des princesses :

 

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   C'est en 2010 qu'une nouvelle "sorte" de princesse fait son apparition, plus déterminer que jamais à réaliser leurs rêves qui conduisent chacun de leurs actes.
Cette nouvelle lignée est inaugurée par Tiana, jeune fille Afro-Américaine vivant modestement qui n'a qu'un seul objectif en tête ; ouvrir son propre restaurant. Évidemment, à la fin du dessin-animé elle parvient à ses fins en faisant preuve énormément de courage de patience et détermination. L'image véhiculé est donc d'un tout nouveau genre, la femme est indépendante et peut réussir sa vie grâce à sa propre volonté. 
Quant à Raiponce, les avis diverge. Certes elle part de sa tour contre l'avis de sa mère est veut poursuivre son rêve qui est de pouvoir enfin sortir et découvrir le monde extérieur ainsi que de voir les lumières qui s'élèvent dans le ciel le soir de chacun de ses anniversaire, mais d'autre part se rêve elle n'arrive pas seule a l'atteindre et reste une princesse type des studios Disney avec de grands yeux expressif, une taille très fine et de courbes généreuses à travers sa robe rose. Elle incarne donc la princesse typique, belle mais complètement naïve qui rêve de liberté et de pouvoir faire ce qu'elle aime.

 

 

 

 

Marie-de-gournay.gif * Marie de Gournay (1565-1645) de son vrai nom Marie Le Jars était une femme de lettre et sera la "fille d'alliance" de Michel de Montaigne dont elle publiera en 1595 la troisième édition des Essais. C'est grâce au mouvement féministe de la fin du XXème siècle qu'elle sera reconnue comme femme de lettre, philosophe, poète et même traductrice à part entière et non en tant que "fille d'alliance" de Montaigne.

 

   



 

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